Depuis un siècle et demi le faisceau de voies ferrées de la gare d'Austerlitz a séparé l'arrondissement de son enclave limitrophe de la Seine. Le Semapa, la société d'économie mixte en charge de l'aménagement de Paris Rive Gauche, a dénommé depuis le début le projet "La Ville continue".
Par ce concept, la Ville de Paris et la municipalité du 13e lui ont fixé une double ambition : relier les anciens et nouveaux quartiers et rendre la Seine aux habitants du 13e.
Dans cet esprit, le projet d'aménagement de Tolbiac-Chevaleret qui vient d'être lancé, comprend d'emblée quatre nouvelles voies qui constitueront de nouveaux liens transversaux (intention inscrite dans le PLU ). Mais la véritable synergie entre les "deux" 13e implique de "gommer" plus largement l'obstacle ferroviaire. Le principe d'un recouvrement des rails a été adopté deux ans après l'engagement des premières études de Paris Rive Gauche.
Dans quelles proportions se fera-t-il ? " La Semapa n'a aucun a priori, précise Ludovic Vion, architecte de la société chargé de ce secteur. Nous arrêterons le choix final à partir des projets des architectes dans leur globalité".
En effet, si le recouvrement est à lui seul un des enjeux majeurs et suscite beaucoup de discussions et débats, il s'intègre dans un ensemble. Le programme impose aux candidats d'implanter dans le quartier un jardin d'une superficie d'au moins 15 000 m2, la reconversion de toute ou partie de la Halle Sernam, un gymnase, un terrain d'éducation physique.
Les architectes vont devoir imaginer l'implantation des bâtiments de logements et de bureaux dans cette mosaïque. Le pourcentage du recouvrement variera donc selon les propositions. Et on imagine que celles-ci seront très diverses et, pour certaines, surprenantes.